Comment publier un livre ?

Il existe, au moins, cinq manières de publier un livre papier. La problématique des e-books, un peu différente, n’est pas abordée ici.

1. L’édition à compte d’éditeur

A priori le Graal ! C’est en effet la solution idéale pour l’auteur, car à coût et risque nul pour lui. L’auteur signe un contrat d’édition sans avancer aucun argent (pas même en achat d’exemplaires), laisse agir l’éditeur et touche des droits d’auteur.

Mais même dans ce cadre tout n’est pas forcément idyllique : la probabilité d’être retenu est minime pour les auteurs inconnus ou les ouvrages trop spécialisés; les réponses se font attendre des mois et quand elles arrivent elles se résument souvent à une formule aussi standardisée que négative; quand par miracle un livre est retenu, les petits éditeurs ont très peu de moyens pour en faire la promotion; enfin, les droits d’auteur sont maigres, en général entre 7 et 10 % du prix HT du livre.

Les grandes maisons d’édition, en général parisiennes, sont bien connues et ont pignon sur rue. Les petites maisons d’édition locales sont de moins en moins nombreuses car elles peinent à atteindre le seuil de rentabilité. Les micros structures qui se présentent comme éditeurs à compte d’éditeur dissimulent souvent des pratiques qui n’ont rien à voir avec cette prétention et doivent très souvent être rangées dans la catégorie suivante. 

2. L’édition à compte d’auteur

C’est la pire des solutions qui peut revenir très cher à l’auteur ! Le coût est très élevé, même quand le prix d’appel semble raisonnable, car des surcoûts apparaissent ensuite (graphiste, correcteur, impression en petite série, etc.). Il faut compter entre 1500 et 2500 euros, voire beaucoup plus ! L’éditeur ne prend aucun risque financier car il « prend sa marge » dès l’origine. Il publie donc le maximum de titres, sans aucune sélection, pour gonfler ses bénéfices. Les libraires ne s’encombrent pas de telles publications, souvent de qualité médiocre, et les ventes sont en général très faibles !

Toutes les formules « mixtes » ou « à coûts partagés », ne sont que des habillages marketing pour dissimuler l’édition à compte d’auteur. Répétons que dans l’édition à compte d’éditeur l’auteur n’avance aucun argent et ne s’engage à réaliser aucune vente par lui-même.

3. L’auto-édition sur les plateformes

Les plateformes d’auto-édition, comme Amazon/KDP ou Lulu, fournissent des services qui permettent aux auteurs de s’auto-éditer, principalement la vente en ligne et l’expédition des livres imprimés à la demande. Il n’y a pas de contrat d’édition et les auteurs touchent des redevances (royalties) qu’ils fixent eux-mêmes et qui s’ajoutent à la part revenant à la plateforme et aux taxes pour former le prix de vente.

Le coût de conception est nul si l’auteur à les compétences d’informaticien et de graphiste lui permettant d’assurer lui-même la conception matérielle du livre. Les meilleures plateformes sont celles dont les tarifs d’impression à l’unité sont les plus bas. On peut alors ne fabriquer le livre que quand il est vendu, ce qui supprime tout risque financier (et la gestion d’un stock) pour l’auteur. Pour participer à des salons du livre ou à des séances de promotion, l’auteur peut acheter des exemplaires d’auteur à prix coûtant, dans la quantité exacte qu’il souhaite (pas plus de quelques dizaines).

Sur les plateformes, la diffusion repose uniquement sur les talents commerciaux de l’auteur. Les aides gratuites proposées se limitent à des inscriptions dans des fichiers que les libraires sont susceptibles de consulter en vue de passer des commandes. Mais encore faut-il qu’ils reçoivent des demandes !

Les aides payantes, proposées sur certaines plateformes, sont souvent très morcelées (coaching littéraire, correction, mise en page, couverture, publicité sur le réseaux sociaux, création d’un site web, etc.) et, en les empilant, le coût final peut devenir très conséquent.

Il s’agit donc d’une solution sans risque et gratuite, quand on possède toutes les compétences nécessaires. Mais elle exige un travail considérable pour un résultat parfois jugé décevant, car provoquer l’acte d’achat en dehors du cercle de ses connaissances n’est pas une tâche aisée (voir l’article qui traite de ce sujet).

4. L’auto-édition assistée (comme proposée par les éditions JALON ou certaines associations)

L’assistance résout les problèmes techniques de la conception matérielle du livre, les aspects administratifs (ISBN, dépôt légal, fichier exhaustif du livre) et une partie des problèmes de diffusion (site web, présence sur les réseaux sociaux, rattachement à une marque et donc garantie de qualité par la sélection des ouvrages).

Tout ces problèmes doivent être résolus pour un coût minime (de l’ordre d’une centaine d’euros) qui doit pouvoir être annulé par les redevances des premières ventes. Mais l’implication de l’auteur pour faire connaître le livre reste prépondérante.

5. L’auto-édition « en solo », hors plateforme

En plus de toutes les autres difficultés, l’auteur doit trouver un imprimeur. Lequel va demander un tirage important pour obtenir un prix inférieur à celui des plateformes, lesquelles bénéficient d’un flux important. Donc le risque financier revient à l’auteur qui se retrouve souvent avec des paquets de livres invendus dans son garage !

En conclusion, à défaut de trouver la perle rare que constitue un éditeur à compte d’éditeur, il n’y a pas véritablement de solution miracle. Les solutions 4 et 3 sont les meilleures quand la cible s’y prête, le choix dépendant des tâches que l’auteur est prêt à assumer lui-même. La solution 5 n’a pas de réel intérêt et la solution 2 est à proscrire absolument.

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